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L'Hebdo du 23 juin 1997.

Petit conte entre amis


Ca a commencé comme ça :

Un jour, pour déconner, on a monté un site web avec 2 potes. "On va faire du trash", on s'est dit, trop heureux de pouvoir enfin nous lâcher sans optique de rentabilité. "Comme ça, on sera sûrs de ne jamais être à court d'idées". Les Limaces, on s'étaient appelés. Plus gluant tu meurs... On écrivait des conneries, dessinait des immondices que nous seuls pensions trouver comiques. Et puis un beau jour, un drôle d'imprévu est survenu. Des gens nous ont trouvés marrants. "Ouaaah, Les Limaces, trooooop cool comme vous êtes troooooop cons !". On a parlé de nous dans un journal, sans qu'on n'ait rien capté au pourquoi du comment. Une télé (minable d'accord, sans quoi on aurait vraiment halluciné) a fait un sujet sur nous.
Et puis on a commencé à mettre des frames, comme ça les quelques liens qu'on avaient restaient piégés dans nos pages. Ensuite, PC Fun Net pour les Nuls nous a proposé de mettre tout notre site sur un CD-Rom. Un CD-Rom, gars !! Un objet physique que je pouvais enfin montrer à ma mère et mes potes non-connectés ! Ca pouvait pas durer comme ça, le succès était trop cool. J'ai choppé la grosse tête, et j'ai fondé un zine pour moi tout seul. L'orang-outan, j'ai appelé ça (j'm'appelle Laurent, tu vois le jeu de mot, ouaf :-). Mais comme moi j'avais pas envie de me retaper tout le circuit pour arriver à la gloire des colonnes du cahier Multimédia du Figaro, j'me suis maqué avec une boîte de providing, et on a fait du push-pull avec mes supers editos : les mecs se les prenaient direct dans la tronche ! M'enfin, j'ai pas eu de chance, le nouveau dir' comm' qu'ils ont nommé trouvait mon style trop amateur. Alors il a engagé un type d'HEC pour reprendre le truc, avec un gars d'Infocom pour programmer.
J'te laisse imaginer comment qu'j'ai dégonflé d'la tête, l'air de rien...
Là, j'viens d'm'acheter un petit carnet blanc, avec un stylo, et j'ai recommencé à écrire des petits papiers, pour moi. Quand j'en aurais rempli les trois-quarts, j'irais mailer les p'tits gars de l'uZine, p'têt qu'eux ils les prendront, mes papiers...

Y a sûrement une morale
à tirer de tout ça...

L'éditorialiste d'un lundi sur deux

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